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Audi à la chasse aux pièces contrefaites

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La fabrication et l’écoulement de pièces contrefaites ou de pièces pirates représentent un énorme marché. En un an, Audi a intercepté de tels composants pour une valeur de 32 millions d’euros et ce rien qu’en Chine. Audi a d’ailleurs mis sur pied une équipe spéciale dont la tâche principale consiste à traquer les malfaçons.

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A temps plein, Serhyi Jewtymowycz (à gauche) et Robert Sterner (à droite) traquent la contrefaçon de pièces de rechange.

En Chine, la contrefaçon de biens de consommation est loin d’être un fait isolé et les pièces automobiles n’y échappent pas. Pour un constructeur, il s’agit d’une mauvaise nouvelle car le risque est grand de voir ces pièces de moins bonne qualité se répandre sur le marché avec, comme conséquence, une diminution de la sécurité des voitures et donc des nuisances certaines à l’encontre de la marque. C’est précisément pour cette raison qu’Audi s’est adjugé les services d’une équipe spéciale traquant les fabricants clandestins de pièces de rechange. A la tête de cette équipe, un juriste : Robert Sterner, assisté de Serhyi Jewtymowycz et de Moritz Stein.

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La production de pièces pirates se fait dans des conditions déplorables.

Fausses pompes à eau

L’équipe de ‘détectives’ se concentre essentiellement sur la Chine, le plus grand producteur mondial de copies de pièces de rechange. C’est surtout dans la région industrielle de Dongan, à 500 kilomètres au sud de Shanghai, que Sterner et son équipe sont les plus actifs. C’est que plus d’un quart des pièces automobiles fabriquées en Chine proviennent de cette région, et plus de 60 % de celles-ci sont des contrefaçons vendues avec le logo de la marque. La plus grande partie de ces pièces n’est pas écoulée sur le marché chinois mais exportée. Sterner est surtout à la recherche de pièces mettant en jeu la sécurité et la fiabilité des véhicules. Parmi les pièces les plus copiées, citons les filtres (à air et à huile), les bras et autres biellettes de suspension, les pompes à eau et les vitres.

Infiltration

Sterner et son équipe recourent à des techniques dignes d’enquêteurs professionnels. Dans un premier temps, ils essaient de se constituer un réseau d’informateurs. Une fois obtenus les indices d’une production clandestine, il existe deux manières de les confirmer. La première consiste à faire embaucher une ‘taupe’ auprès du producteur suspecté. L’avantage de cette procédure, est qu’elle donne un aperçu des méthodes de production et des informations quant au lieu de stockage des produits.

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Les bras de suspension contrefaits sont constitués d’aciers de moins bonne qualité.

La deuxième, c’est de se faire passer pour un acheteur de pièces automobiles étranger. Cela permet de se faire une idée des prix et des marges bénéficiaires dégagées. Ainsi, un bras de suspension avant est vendu 40 % moins cher que la pièce originale et coûte un tiers du prix en moins à produire. Des « économies » rendues possibles grâce à des conditions de travail déplorables et à de très bas salaires, sans compter le recours à des matériaux de moins bonne qualité, qu’il s’agisse des aciers utilisés, des caoutchoucs ou des protections. Les bras de suspension copiés sont pourvus des logos Audi, voire même mentionnent le nom de l’équipementier original, dans ce cas, Lemförder. Tous deux sont gravés sur la pièce à la fin du processus de production.

Police

Une fois que Sterner a en mains les preuves tangibles d’une production clandestine, il avertit les autorités chinoises. Accompagné d’un agent de police et d’un serrurier, il agit en toute discrétion afin de ne pas éveiller les soupçons. Sous la surveillance du policier, le serrurier peut alors entrer en action car généralement la production clandestine se fait derrière des portes fermées.

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Une fois que les enquêteurs d’Audi détiennent des indices sérieux quant à la clandestinité de la production, la police entre en jeu.

Dès que la production de pièces pirates est établie, les autorités chinoises peuvent effectivement intervenir. Si la valeur marchande des pièces contrefaites dépasse 30.000 euros, les contrevenants encourent une peine de prison. D’après Sterner cependant, ce type d’activité ne s’arrêtera jamais. Depuis 2008, Audi a déjà participé à plus de 600 interventions, dont 152 au cours de l’année dernière. Sterner et son équipe ont ainsi réussi à démanteler des marchés clandestins pour une valeur totale de 32 millions d’euros.


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